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 Histoire d'Atréia *Asmodiens*

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Cytri
Deltrasien(ne)
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MessageSujet: Histoire d'Atréia *Asmodiens*   Sam 14 Nov - 22:46

Bonjour à tous, je vous remet ici le background d'Atréia vu par les asmodiens. Les écrits ne sont pas de moi je tiens à le préciser.


Introduction


Il n’en a pas toujours été ainsi. A une époque, les deux faces de ce monde formaient un tout, dans une union fraternelle. Nous avions la même apparence, les mêmes idéaux et une mission commune : protéger la Tour. Quand ils ont échoué, ils ont tout détruit. Notre monde et notre peuple ont été déchirés.

Dans la partie inférieure de ce monde, vous trouverez une existence séduisante mais futile, souillée par le péché, la cupidité, la gloutonnerie, l’orgueil déplacé et une suprême arrogance. C’est là que vivent les Elyséens, une espèce de créatures abjectes qui dévouent leur existence stérile à la destruction de tout ce qui est bon dans ce monde. Ne vous laissez pas abuser par leur apparence angélique, leur peau blafarde ne recèle que noirceur.

C’est la partie supérieure du monde qui constitue notre demeure, celle des Asmodiens. Après le Grand Cataclysme, nous fûmes précipités dans les ténèbres, dans l’inconnu, sans autre choix que s’adapter et survivre. Chaque jour, notre monde nous apprenait quelque chose de nouveau. Il ouvrait nos yeux sur de nouvelles possibilités et nous conférait une détermination inébranlable à reconstruire nos vies à nouveau. C’est grâce à cette épreuve que nous avons tant accompli. On n’a pas tous les jours l’occasion de repartir à zéro, de réparer ses torts.

Mais attendez, je m’avance trop. Il convient d’abord de me présenter. Je m’appelle Kineas et je suis un Daeva, un être créé durant la lutte acharnée contre les Balaurs. Mon peuple et moi avons fait le nécessaire pour assurer notre place légitime sur Atréia et nous ferons tout pour protéger ce qui nous revient de droit. Si les Elyséens ont soif de guerre, leur soif sera assouvie. L’époque de la paix est révolue, voici venu le temps du châtiment.

Après tout ce qui s’est produit dans notre monde, je considère comme mon devoir de faire la lumière sur les événements qui ont mené à notre situation actuelle. J’ai écrit ce journal pour narrer ces années révolues, peut-être pourrez-vous alors comprendre les causes des profonds bouleversements qu’a connus notre monde.

Lisez, lisez et apprenez ce que cela signifie, d’être un Asmodien !




Chapitre 1 - Unité


Je vais d’abord parler d’un âge qui précède le mien. Notre tradition regorge d’histoires de vertes contrées et de pâturages fertiles, d’un monde dans lequel nous pouvions prospérer et croître sereinement avec nos familles. C’était une époque où Elyséens et Asmodiens n’existaient pas encore, nous étions simplement connus sous le nom d’Humains. Atréia était une seule entité. Un tout. Tout comme nous n’étions qu’un, il n’y avait aucune division, ni entre nos mondes, ni entre nos peuples.

Des années s’écoulèrent ainsi et, au dire de tous, nos ancêtres vivaient heureux. Je ne puis réprimer de la colère à l’idée qu’ils ne célébraient pas le paradis qui leur avait été donné, qu’ils n’appréciaient pas ce monde à sa juste valeur. Néanmoins, la connaissance de ce qui s’est produit depuis confère une certaine distance et ce n’est probablement qu’avec ce recul que l’on peut comprendre les trésors qui étaient jadis les nôtres. Qui sait, même ces terres ravagées qui sont désormais notre demeure sont peut-être un paradis comparées à une autre région, quoique je peine à imaginer un endroit plus éprouvant que celui-ci.

Quoi qu’il en soit, les choses allaient brusquement changer. Nous ne doutions pas du grand cauchemar qu’Aion nous réservait, de l’abomination qui allait s’abattre et s’acharner sur notre monde, avec ses crocs fielleux et son insatiable soif de guerre




Chapitre 2 - Une création impie


Ce cauchemar, c’était les drakens, des créatures dont la seule vue inspirait la terreur. Ils étaient lourds et imposants, nos armes de fortune étaient inefficaces contre leurs peaux cuirassées. Pis encore, ils pouvaient prendre leur envol en un clin d’oeil, rendant ainsi nos maigres défenses totalement inutiles. Notre peuple apprit vite à se terrer pour échapper aux drakens. En l’absence de prédateur naturel, leur audace s’accentua à mesure que leur nombre augmentait. Bientôt, leurs sombres silhouettes, engendrées par Aion pour gouverner notre monde, écumèrent les cieux en toute liberté.

Leur soif de pouvoir était insatiable. Des races entières s’étiolèrent et disparurent sous la furie de leurs assauts. Des enfers de flammes les accompagnaient et ils ne laissaient que des ruines carbonisées dans leur sillage. Peu après le carnage initial, ces brutes commencèrent à démontrer leur intelligence. Réalisant les tendances belliqueuses des Kralls et des Maus, les drakens décidèrent de ne pas les détruire, mais de subjuguer les survivants. Ces derniers furent épargnés après avoir juré allégeance éternelle à leurs nouveaux maîtres. C’est autour de cette période que les drakens connurent une forme d’évolution. Certains d’entre eux devinrent plus grands, plus forts et plus intelligents que leurs semblables. Ces créatures prirent le nom de Dragons. Parmi eux, cinq accédèrent au pouvoir. On les appela les Seigneurs Dragons.

Les cinq Seigneurs Dragons, désormais éveillés, réorganisèrent promptement leurs forces, instaurant une hiérarchie militaire au sein de leur société. Ils décidèrent de renommer leur peuple “Les Balaurs”. Forts de leur nouveau titre, ils lancèrent un assaut avec une vigueur renouvelée, décimant les rares groupes qui osaient encore leur résister.

Pourtant, ils n’étaient toujours pas rassasiés. En quête d’adversaires plus puissants, ils se tournèrent vers le dieu d’Atréia, Aion, et exigèrent des pouvoirs équivalents à ceux de notre créateur. Lorsqu’Aion refusa, les Balaurs, aveuglés par la rage et poussés par leur avidité, se retournèrent contre notre dieu. Ils rassemblèrent leurs forces pour attaquer la Tour de l’Eternité.



Chapitre 3 - Ascension


La main d’Aion avait été forcée et en conséquence il créa douze formes appelées les Seigneurs Empyréens. Ces créatures possédaient une incroyable beauté et une immense puissance ; comme les Balaurs, elles pouvaient s’envoler grâce à une étrange substance appelée l’Ether. Notre foi en notre dieu et notre dévouement envers Atréia avaient été reconnus : ces créatures avaient été conçues à notre image et étaient venues sauver le monde auquel nous étions si attachés.

C’était le début d’une lutte inévitable, qui s’est très vite transformée en une longue guerre meurtrière. Nous nous sommes réfugiés autour de la Tour, à l’intérieur d’un bouclier éthéré que nos Seigneurs Empyréens avaient matérialisé pour nous ; mais celui-ci était petit et au-delà de ses limites, le territoire demeurait sous le contrôle des Balaurs. Nos Seigneurs Empyréens étaient affaiblis à l’extérieur du bouclier, tout comme les Balaurs l’étaient s’ils s’aventuraient à l’intérieur de celui-ci. Lorsque ces derniers réalisèrent ceci, ils amenèrent d’innocentes créatures juste à l’extérieur du bouclier et les massacrèrent afin d’inciter nos Seigneurs à sortir de leur protection. Les Balaurs étaient des êtres cruels et leurs exactions ne firent que renforcer notre haine envers leur race.

Cette ère était celle que nous avions appelé plus tard la Guerre du Millénium, une période au cours de laquelle nous autres, humains, pouvions prospérer sous les ailes protectrices de nos Seigneurs Empyréens. C’est à cette époque que je naquis et, une fois adulte, je découvris que l’Ether qu’Aion avait offert à ce monde avait une influence vigoureuse sur moi. L’Ether réagissait à moi tout comme je réagissais à lui, et bientôt mes aptitudes furent remarquées par des êtres que nous n’avions rencontrés qu’en de rares occasions. Ces êtres, ces Daevas, étaient nés humains mais possédaient une aptitude innée qui leur permettait de manipuler l’Ether utilisé par les Seigneurs Empyréens. J’appris avec beaucoup de précautions à manipuler ces pouvoirs et bien qu’au départ je ne pouvais que refroidir l’air qui m’entourait, en quelques mois, je parvins à figer mes adversaires sur place et à matérialiser des boules de feu qui engloutissaient les Balaurs. J’étais vénéré tel un dieu par ceux qui autrefois m’avaient tenu tout contre leur coeur ; ils me plaçaient désormais sur un piédestal. Moi, simple fils d’agriculteur, je pouvais faire souffrir ces Balaurs et cette sensation était enivrante. Cette bénédiction que j’avais reçue d’Aion était inestimable.

Les Daevas étaient bientôt suffisamment nombreux pour que nos Seigneurs Empyréens nous mobilisent afin de constituer une force armée. Je rejoignis la légion et gravis rapidement les échelons, laissant derrière mon fils, Phalaris.





Chapitre 4 - Lâcheté


Je gravis rapidement les échelons. Mes compétences de sorcier étaient de loin supérieures à celles des autres Daevas, si bien qu’après moins d’une année on m’avait confié le commandement de toute une légion. Les combats étaient acharnés. Même s’ils nous envoyaient souvent au-devant des Balaurs, nos Seigneurs Empyréens faisaient de leur mieux pour nous préserver. Nos tactiques et nos compétences guerrières s’améliorèrent tant et si bien que nous étions en mesure de tuer les plus jeunes et imprudents de leurs dragons avant de retourner nous réfugier derrière notre bouclier d’Ether. Rien de bien glorieux, mais l’essentiel, c’est que nous progressions, peu à peu.

Puis vint le jour qui nous bouleversa tous.

Le Seigneur Israphel, l’un des deux Gardiens de la Tour de l’Eternité, déclara qu’il était temps de faire la paix avec les Balaurs. Pourtant, il les détestait plus que quiconque. Selon lui, la raison de cette guerre n’était pas d’annihiler les Balaurs. L’essentiel était de protéger Aion.

J’étais stupéfait… comment l’un de nos sauveurs pouvait-il perdre son courage et sa détermination aussi facilement et soudainement ? Dans un premier temps, les Seigneurs Empyréens étaient consternés. La perspective de négocier une paix semblait absolument inconcevable. Apparemment, tout le monde était d’accord sur ce point. La proposition d’Israphel était absurde.

Pourtant, les plus faibles des Seigneurs ne tardèrent pas à montrer qu’ils n’avaient jamais vraiment eu l’étoffe de combattants. La notion d’honneur leur pesait comme un fardeau et ils avaient hâte de s’en libérer. Dame Ariel fut la première à capituler. Elle parla d’Israphel en des termes flatteurs, vantant sa sagesse, son ancienneté et sa bravoure. Sa bravoure ! C’est ainsi qu’elle qualifiait cette proposition de paix. Elle eut l’audace de dicter aux Daevas ce qu’ils devaient penser et comment ils devaient se comporter.

L’empressement avec lequel Dame Ariel et ses partisans oublièrent un millénaire de sacrifices était révoltant. Comment pouvaient-ils accorder si peu de valeur au sang versé par tant de nos compatriotes ?

Heureusement, l’esprit acéré d’autres Seigneurs ne s’était pas émoussé. En tant que Daeva, j’eus le privilège de rencontrer certains de nos Seigneurs, et c’est avec l’illustre et vénérable Seigneur Asphel que je connus la plus fructueuse des collaborations. Sa détermination était inébranlable et ses missions étaient toujours couronnées de succès. Ses manières et ses aptitudes étaient une source d’inspiration pour la plupart d’entre nous. Ainsi, lorsque l’insipide discours d’Ariel commença à faire flancher certains, je vis la grimace sur le visage d’Asphel et je sus que ma loyauté lui serait acquise. Il se leva pour parler et je me tins à ses côtés, ainsi que ses autres partisans. Il admonesta Ariel pour son dédain envers ceux qui étaient tombés avec honneur et dénonça l’initiative de paix, la qualifiant d’erreur et de perte de temps.

Une véritable tempête se déchaîna dans la salle. Le brouhaha résonne encore dans mes oreilles… les rugissements, la confusion, les accusations qui fusaient, la haine palpable entre les deux camps. Je vis Israphel se lancer dans un plaidoyer passionné devant Siel, qui l’écoutait d’un air grave. Israphel expliquait avec insistance que nous devions défendre Aion en construisant la paix, plutôt que par une guerre constante. A ma grande déception, je vis Siel acquiescer.

Afin de préserver un semblant de concorde, nous quittâmes tous la grande salle et laissâmes les Douze Seigneurs Empyréens à leurs débats. Je partis avec des compagnons d’armes qui comprenaient que seul le jugement d’Asphel était juste et acceptable. Les lâches, quant à eux, s’éclipsèrent de leur côté. La division entre les deux camps, les valeureux et les veules, était déjà visible.

Cette nuit-là, nous attendîmes patiemment l’issue des débats. Je m’en souviens clairement. Je fixais les incendies qui brûlaient à l’horizon et je réalisai qu’il n’y aurait jamais de paix entre les Balaurs et nous. Je repensai aux décennies de combats incessants, à ces yeux sombres et sans âme, des gouffres béants qui ne sourcillèrent pas lorsque les Balaurs massacrèrent ma famille et mes amis, sans autre raison que leur désir bestial de domination.

Je savais que Siel rejetterait la proposition d’Israphel. Je savais qu’Asphel défendrait sa cause, notre cause, et que les autres, même Dame Ariel, finiraient par s’y rallier. Je le savais. Et pourtant, lorsque les Seigneurs Empyréens finirent par émerger, la décision qu’ils annoncèrent me laissa pantois et pétrifia toute ma légion. Dame Siel avait succombé. Malgré toutes nos protestations, Israphel et elle étaient les Gardiens de la Tour et, en cette qualité, ils jouissaient de la plus grande autorité parmi les Douze. Leur décision était définitive. Nous allions devoir négocier avec les Balaurs. J’entendis Ariel jubiler de sa voix triomphante, et ses quatre cohortes entamèrent un chant de paix inepte.

Asphel s’avança, le visage déformé par la colère. Il partit et je m’envolai avec lui, suivi par un grand nombre de mes camarades Daevas.




Chapitre 5 - Le grand cataclysme


Ainsi, après quelques jours, une futile conférence de paix eut lieu. En signe de respect envers les cinq Seigneurs Dragons, le champ éthéré qui protégeait la Tour fut abaissé, et ils furent invités à l’intérieur de la structure colossale pour y mener les négociations. Ces quelques minutes durèrent une éternité. Je regardai mes légionnaires dans les yeux et je pouvais y lire la défiance et la colère. Eux aussi se demandaient comment nous avions pu être assez faibles pour essayer de traiter avec ces monstres qui ne cherchaient qu’à nous subjuguer. Je me tournai vers le centurion en qui j’avais le plus confiance, mais alors que j’allais m’adresser à lui, tout chavira en un clin d’oeil. Des cris, de la confusion, une débâcle générale. L’un des Balaurs était tombé et le Seigneur Asphel se tenait devant lui, le regard enflammé, prêt à se battre.

Les Balaurs se lancèrent à l’attaque. Des voix se levèrent pour implorer Siel et Israphel de rétablir le champ éthéré mais, pour la seconde fois, ils nous firent défaut. Perdus dans le tumulte, ils étaient incapables d’agir de concert pour défendre la Tour. Sous les coups de griffes des Balaurs, la Tour commença à se fissurer.

Je me souviens du visage d’Israphel, tourmenté par son sentiment de culpabilité, alors qu’il envoyait Asphel et ses légions de Daevas au nord, pendant que Siel dirigeait Ariel et les siens vers le sud. C’était notre dernier espoir. Séparés en deux groupes, chacun à une extrémité de la Tour, les Seigneurs Empyréens feraient tout en leur pouvoir pour empêcher son effondrement.

Nous tînmes bon. Mais le groupe du sud échoua, nous le savons désormais.

En un instant, notre monde fut plongé dans les ténèbres, lorsque la lumière de la Tour s’éteignit. Les gens se dispersèrent et se mirent à courir dans toutes les directions en hurlant de terreur.

Je me souviens de cet instant comme si c’était hier. Je levai les yeux et je vis des fragments de la Tour se détacher et chuter, illuminés par la lumière vacillante de l’imposante structure. Je restai figé alors qu’un énorme fragment dégringolait vers moi. Je m’en souviens clairement, car c’est le jour où j’ai découvert le don suprême des Daevas : l’immortalité.

A mon réveil, Atréia était scindée en deux moitiés. La partie inférieure baignait dans une lumière radieuse et éclatante, alors que la nôtre était engloutie par des ténèbres glaciales et inhospitalières.

Ainsi avait pris fin la conférence de paix.



Chapitre 6 - Conséquences


Peu à peu, nos yeux s’ajustèrent à l’obscurité et un groupe de survivants s’assembla. Ils étaient confus et terrifiés : nul ne savait comment nous avions survécu. J’annonçai que j’allais chercher un endroit où nous pourrions camper et nous réchauffer, puis je me dirigeai vers le moignon qui était autrefois la base de notre Tour.

C’est là que je fis une rencontre qui se révéla être une bénédiction : les cinq Seigneurs Empyréens qui avaient tenté de protéger Aion avec nous étaient là, bien vivants. Ils nous rassemblèrent tous, nous annoncèrent que le monde avait changé pour toujours et nous expliquèrent pourquoi. Nous avions payé un lourd tribut pour cette tentative de paix : nous avions perdu des millions d’âmes, ainsi que Siel et Israphel, les deux Gardiens de la Tour qui avaient consenti le sacrifice ultime pour assurer notre survie. Même si, de leur vivant, ils avaient commis une folie irréparable, ils étaient morts avec honneur, et nos pensées s’élevèrent vers eux.

Peu après, je retournai à notre camp de fortune et nous fîmes un énorme feu pour attirer les autres survivants. Au cours des jours qui suivirent, des milliers de nouveaux arrivants nous rejoignirent, abattus et meurtris. Par une chance inouïe, je retrouvai Phalaris, mon fils, alors que personne d’autre de mon village n’avait survécu.

Les jours et les semaines passèrent. Il devint clair que notre monde déchiré s’était stabilisé et que notre destinée était à nouveau entre nos mains. Aion semblait avoir disparu, tout comme l’Ether qui me donnait mon pouvoir. Pour la première fois depuis longtemps, je me sentais à nouveau vulnérable. Refusant de me laisser dominer par la peur, je parlai avec Asphel et nous commençâmes à faire des plans pour la fondation d’une nouvelle capitale.

Sept cent cinquante longues années s’écoulèrent, durant lesquelles je fus témoin de nombreux changements. Nous manquâmes vite de bois pour le feu, mais nos yeux s’adaptaient déjà à la vie dans les ténèbres. La construction de notre ville fut achevée et nous la baptisâmes Pandaemonium. Elle s’agrandit rapidement jusqu’à devenir une véritable cité. J’ai vu notre peuple fleurir, s’adapter et évoluer, envers et contre tout, sous la direction avisée de nos Seigneurs Shédims.

Notre évolution fut aussi physique : notre peau devint plus pâle dans l’obscurité omniprésente, et nos pieds devinrent de véritables serres à force de marcher sur un sol rêche et recouvert de débris affûtés. Des griffes poussèrent aussi sur nos mains, comme si la nature nous indiquait que plus jamais notre peuple ne serait désarmé. J’eus de la peine à accepter ces stigmates, mais ils étaient nécessaires à notre survie. Nous n’avions donc d’autre choix que de les accepter. Ils nous rappelaient sans cesse la tentative de paix mal avisée d’Israphel, soutenue par Ariel.

Durant cette période, j’ai aussi vu Phalaris vieillir, puis s’éteindre, ainsi que ses enfants, et ses petits-enfants. Tel est le destin d’un Daeva.




Chapitre 7 - Châtiment


Un jour, un fait étrange se produisit. Les Fragments de la Tour de l’Eternité qui s’étaient enfoncés dans nos terres commencèrent de nouveau à irradier de la lumière. Ensuite ils se sont soulevés pour flotter dans les airs autour de nous. Asphel demande à mon unité d’Archons, les plus puissants des Daevas, de mener l’enquête.

Au cours de nos recherches, nous découvrîmes une sorte de portail qui nous transporta dans un espace, quelque part entre Asmodae et la partie inférieure d’Atréia, où flottaient d’énormes colonnes de rochers. Dans ce monde, l’Ether qui alimentait mes pouvoirs était présent en abondance, et je fus soulagé de constater que ma force était intacte. A mon retour à Pandaemonium, je fis un rapport à nos Seigneurs Shédims. Asphel demanda immédiatement aux Archons de garder le portail. Lorsque nous lui demandâmes pourquoi, pour toute réponse, il se contenta de fixer le ciel, en direction de la moitié inférieure d’Atréia.

Deux jours plus tard, alors que nous étions en train de planifier une seconde expédition à travers le portail, nous avons constaté que nous étions sans nouvelles de nos troupes stationnées à Morheim. Zikel, notre dieu de la destruction et l’un des Seigneurs Shédims, emmena les Archons restants, dont je faisais partie, pour enquêter.

Au lieu de nos hommes, nous trouvâmes un groupe d’hommes qui prétendaient venir de la partie inférieure d’Atréia et nous reçurent toutes armes dégainées. Ces êtres ressemblaient à des anges, et bien qu’ils fussent avares de paroles, ils se permirent de prononcer un jugement à notre égard. Rendez-vous compte : ils nous accusaient d’un crime qu’ils avaient commis eux-mêmes ! Les poltrons qui avaient invité les Seigneurs Dragons dans notre tour en plein milieu d’une guerre sans merci, c’étaient eux !

Zikel ne cacha pas son indignation : il projeta ces “Elyséens” sur le sol et exigea qu’ils renaissent Nezakan, l’un des Seigneurs Empyréens qui s’était montré assez faible pour demander la paix avec les Balaurs. L’histoire avait depuis démontré qui était dans l’erreur, cracha-t-il. Ces Elyséens reconnaîtraient-ils l’erreur de leur Seigneur, le condamneraient-ils pour son ineptie ?

Leur chef, qui s’appelait Deltras, s’y refusa. Faisant preuve de l’arrogance qui est le propre des Elyséens, il refusa de jeter le blâme sur ses propres Seigneurs, préférant maudire Zikel. Les mots laissèrent la place aux épées et nous chargeâmes, les décimant comme les couards qu’ils étaient. Certains parmi eux parvinrent néanmoins à s’échapper. La plupart se dirigèrent vers notre ville, où dans leur colère ils massacrèrent femmes et enfants avant que nous puissions les arrêter. Deux d’entre eux purent rejoindre leur terre natale, blessés mais pas vaincus.

Pas encore.




Chapitre 8 - Un ennemi ancien, un ennemi nouveau


Dès notre retour à Pandaemonium, nous commençâmes à rassembler nos forces en préparation d’une guerre contre les Elyséens. Le jour suivant, un nouvel affrontement eut lieu et une guerre totale éclata entre nos peuples. En outre, une nouvelle épreuve nous attendait car les Balaurs, depuis longtemps exilés dans les Abysses, avaient trouvé un moyen d’échapper à leur prison. Leur soif de sang était aussi insatiable que jamais et avec leurs anciens alliés de nouveau à leurs côtés, ils représentaient une réelle menace.

Les Elyséens, en cherchant à se donner des airs d’illuminés avec leur fausse supériorité morale, n’ont réussi qu’à se couper des racines historiques qui donnent leur force aux Asmodiens. Ils veulent oublier leur passé, ignorer le sang qui a été versé en leur nom par nos ancêtres communs, comme s’il s’agissait d’une tâche gênante.

Nous autres Asmodiens faisons honneur à notre passé. Lorsque nous nous retrouvâmes pour la première fois dans les profondeurs de la nuit, blessés mais pas brisés, nous cherchâmes un mot d’ordre qui nous permettrait de reconnaître les nôtres… car nous n’avions pas encore adopté nos nouvelles formes et de nombreux visages étranges s’approchaient de la lueur du feu.

Un murmure traversa les ténèbres : “sang pour sang”. A ce jour, nous ne savons toujours pas qui prononça ce mot le premier… d’aucuns prétendent qu’il s’agissait d’Asphel, d’autres Zikel, d’autres encore disent que c’était Aion lui-même, nous accordant sa bénédiction dans un dernier soupir. Ce qui est sûr, c’est que dès l’aube, sinistre et maussade, ces mots étaient sur toutes les lèvres et nul ne s’inquiétait de leur origine.

Il faut verser du sang, pour venger ceux qui ont versé leur sang pour nous. Et ceux parmi nous qui sont dignes de ce sang, ceux qui sont restés ensemble pour surmonter les dangers des longues nuits qui ont suivi, continueront à se soutenir les uns les autres. Ces quelques mots murmurés ont été transmis à travers les âges, de mère en fils et de père en fille. Ils nous réchauffent et nous préparent au combat.

Désormais, une nouvelle découverte a rendu notre mission d’autant plus urgente. De l’Ether s’échappe constamment de l’atmosphère de notre planète. Nous avons passé des mois à rechercher la source de cette hémorragie à travers les Abysses et Asmodae, alors qu’elle se trouvait devant nos yeux.

Elle réside dans les deux moignons de la Tour. Ils semblent encore liés et émettent des vibrations invisibles l’un vers l’autre, entre les deux moitiés de notre monde déchiré. C’est comme si la Tour de l’Eternité était un membre récemment amputé, la réverbération du lien qui unit encore les deux fragments a donné naissance aux Abysses.

Les Abysses absorbent l’Ether, comme l’eau s’engouffre dans une crevasse. Ainsi, l’Ether se fait de plus en plus rare, ce qui va bientôt affecter nos Daevas et notre planète. L’intégrité d’Atréia est encore maintenue par les liens éthérés tissés par Siel et Israphel lorsqu’ils se sacrifièrent en offrant l’Ether de leur propre corps. Ces liens seront bientôt affaiblis par les Abysses. S’ils venaient à se briser, notre atmosphère s’effondrerait, ce qui signifierait la fin de toute vie sur cette planète.

Il nous reste une solution. La résonance disparaîtra lorsqu’il ne restera qu’un seul moignon de la Tour. La voie est toute tracée : nous devons détruire la Tour de Lumière. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons mettre un terme à l’hémorragie d’Ether et préserver les vies des Asmodiens face à l’arrogante tyrannie des Elyséens.

Cette fois, nous n’hésiterons pas. Nos lames ne s’arrêteront pas tant que nous n’aurons pas débarrassé notre monde des crétins orgueilleux qui l’infestent.

Notre destin nous appartient de nouveau. Notre devise, sang pour sang, sera mise en application. Avec le peuple asmodien en armes à mes côtés, je ne faiblirai pas, je ne me déroberai pas. Cette fois, nous n’échouerons pas.


- Kinéas, Praefectus Castrorum des Archons d’Asmodae
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Rhall
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MessageSujet: Re: Histoire d'Atréia *Asmodiens*   Dim 15 Nov - 2:17

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Histoire d'Atréia *Asmodiens*
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